L’indicateur 22 du Référentiel National Qualité (RNQ) est l’un des piliers de l’audit Qualiopi. Il impose aux organismes de formation de démontrer qu’ils disposent d’un personnel compétent et qualifié pour mener leurs actions. Derrière cette exigence, l’enjeu est simple : garantir que la qualité des formations repose sur des intervenants réellement capables de transmettre des savoirs et de répondre aux besoins des bénéficiaires.
Lors d’un audit, cet indicateur est souvent source de non-conformités. Beaucoup d’organismes considèrent que la compétence de leurs formateurs “va de soi” et ne pensent pas à la formaliser ni à en conserver des preuves. Or, pour Qualiopi, la gestion des compétences n’est pas une déclaration d’intention, mais une exigence documentée et vérifiable.
Ce point est particulièrement sensible car il touche au cœur de l’offre pédagogique. Un organisme peut avoir des supports bien construits, des procédures administratives solides et une logistique irréprochable : si les compétences des formateurs ne sont pas justifiées, l’auditeur soulèvera immédiatement une non-conformité. Pourtant, là encore, les attentes restent simples : mettre en place un suivi des compétences, assurer la mise à jour régulière des qualifications et prouver la cohérence entre les formateurs et les formations dispensées.
Ce que demande réellement l’indicateur 22 lors de l’audit Qualiopi
L’indicateur 22 exige que l’organisme prouve la gestion des compétences du personnel impliqué dans l’action de formation. Cela concerne aussi bien les formateurs que les intervenants ponctuels, les tuteurs ou toute personne jouant un rôle pédagogique ou d’accompagnement.
Concrètement, l’auditeur vérifie :
- que chaque intervenant possède les compétences nécessaires pour dispenser la formation,
- que ces compétences sont justifiées par des diplômes, certifications, expériences ou réalisations,
- que l’organisme suit et met à jour régulièrement ces éléments,
- qu’il existe un dispositif pour développer ou maintenir ces compétences.
Le but est de s’assurer que les bénéficiaires reçoivent une formation dispensée par des professionnels qualifiés et que l’organisme ne repose pas sur une organisation hasardeuse.
Les erreurs fréquentes relevées en audit Qualiopi sur l’indicateur 22
Les non-conformités liées à l’indicateur 22 surviennent souvent par négligence ou par manque de formalisation.
- Absence de preuves tangibles : un CV ou un profil LinkedIn ne suffisent pas à prouver la compétence. L’auditeur attend des diplômes scannés, des attestations d’expérience ou des preuves formelles.
- Décalage entre formation et expertise : un formateur peut être compétent dans un domaine, mais intervenir sur un autre sans justification. Par exemple, un expert commercial qui dispense un module en gestion RH sans expérience documentée.
- Pas de suivi dans le temps : certains organismes collectent les documents lors du recrutement mais ne mettent jamais à jour les dossiers. Résultat : diplômes introuvables, justificatifs obsolètes, absence de plan de montée en compétences.
- Confusion entre prestataire externe et interne : même un formateur indépendant sous-traitant doit fournir ses preuves de compétence. L’organisme ne peut pas se décharger de cette obligation.
Ces erreurs sont fréquentes et mènent directement à des non-conformités majeures, car elles touchent à la crédibilité de l’offre pédagogique.
Comment sécuriser sa démarche
La mise en conformité de l’indicateur 22 passe par une organisation simple mais structurée.
La première étape consiste à constituer pour chaque intervenant un dossier de compétences. Ce dossier doit contenir les diplômes, certificats de formation, attestations d’expérience ou références professionnelles en lien avec les formations dispensées. Plus les preuves sont concrètes, plus elles rassurent l’auditeur.
Ensuite, il est essentiel de maintenir un registre de suivi des compétences. Celui-ci recense l’ensemble des formateurs, leurs domaines d’expertise et les documents justificatifs disponibles. Ce registre peut être tenu dans un tableau Excel ou dans un logiciel RH. L’important est de montrer que l’organisme suit la compétence de son personnel de manière organisée.
Un plan de développement des compétences doit également être prévu. Il s’agit d’anticiper les besoins futurs et d’organiser des mises à jour régulières. Par exemple, former un formateur aux nouvelles réglementations ou financer une certification complémentaire. Cette démarche montre que l’organisme ne se contente pas de figer les compétences, mais veille à leur actualisation permanente.
Enfin, la cohérence entre compétences et actions de formation doit être démontrée. Chaque formateur doit intervenir uniquement dans son domaine de compétence, et l’organisme doit pouvoir prouver ce lien.
Anticiper les situations sensibles
Lors d’un audit Qualiopi, plusieurs situations reviennent régulièrement et posent problème si elles n’ont pas été anticipées.
- Formateurs sans diplôme officiel : certains intervenants très compétents n’ont pas de certification académique. Dans ce cas, l’expérience professionnelle doit être documentée (attestations d’employeurs, preuves de réalisations, lettres de recommandation).
- Formateurs polyvalents : si une même personne intervient sur plusieurs thématiques, il faut prouver sa compétence sur chacune d’elles. Une seule preuve générale ne suffit pas.
- Nouveaux collaborateurs : en cas de recrutement récent, l’organisme doit être capable de présenter au moins les premières preuves de compétence, même si le plan de montée en compétences est encore en cours.
- Sous-traitants : la responsabilité incombe toujours à l’organisme certifié. Il doit donc exiger et archiver les preuves de compétence de ses partenaires externes.
Anticiper ces cas limite les risques de non-conformité et rassure l’auditeur.
Transformer l’indicateur en atout stratégique
L’indicateur 22 ne doit pas être vu uniquement comme une exigence administrative. Bien utilisé, il devient un levier stratégique.
Un suivi rigoureux des compétences permet d’adapter l’offre de formation aux évolutions du marché. Il donne également une crédibilité renforcée auprès des financeurs et des entreprises clientes. En valorisant les qualifications et les expertises des formateurs, l’organisme se différencie de la concurrence.
De plus, la mise en place d’un plan de développement des compétences contribue à fidéliser les formateurs. Ces derniers se sentent accompagnés et valorisés, ce qui améliore la stabilité et la qualité globale des prestations.
Enfin, lors de l’audit, présenter une démarche claire et proactive renforce l’image de sérieux. L’auditeur ne constate pas seulement une conformité, mais un engagement réel en faveur de la qualité.
Conclusion sur l’indicateur 22 et l’audit Qualiopi
L’indicateur 22 occupe une place centrale dans un audit Qualiopi. Il impose aux organismes de prouver la compétence de leurs formateurs et d’assurer un suivi rigoureux. Les erreurs fréquentes — absence de preuves, documents obsolètes, incohérence entre expertise et formations dispensées — sont pourtant faciles à éviter avec une organisation claire.
Constituer des dossiers de compétences, tenir un registre à jour et prévoir un plan de développement suffisent à sécuriser la conformité. Mais au-delà de l’exigence réglementaire, cet indicateur constitue un atout. Il valorise l’expertise des intervenants, renforce la crédibilité de l’organisme et alimente une dynamique d’amélioration continue.
Réussir l’audit Qualiopi sur ce point, c’est non seulement répondre à une obligation, mais aussi démontrer que la qualité pédagogique repose sur une équipe compétente, reconnue et en constante évolution.